Concernant la recherche de capitaux, il y a deux enjeux clefs pour fonder son entreprise : le pouvoir et la vitesse.

Financer son entreprise : Qui tient le manche ?

La question du pouvoir, c’est celle du principe du capitalisme : les propriétaires de la société sont ceux qui ont la majorité du capital.

Si vous avez besoin de fonds au-delà de vos propres moyens, vous allez devoir « lever des fonds » comme on dit dans le milieu du capital-risque. Si vous voulez garder le contrôle, il vous faut donc plus de 50% (sachant qu’il y a aussi une majorité renforcée pour les modifications de statuts). Cependant tout n’est pas si simple.

Vous pouvez être majoritaire et ne pas réellement avoir le pouvoir si, comme une start-up classique, vous devez faire appel à de nouveaux fonds tous les 18 mois. Ce sont ceux qui apportent l’argent frais indispensable pour continuer l’histoire qui tiennent le manche même s’ils sont minoritaires.

D’un autre côté, vous pouvez être minoritaire et avoir le contrôle en pratique si vous êtes indispensable au fonctionnement de l’entreprise – c’est souvent le cas pour une entreprise à ses débuts – parce que tout s’est organisé à partir de vous.

Enfin, vous pouvez faire appel à des fonds bancaires pour éviter de diluer votre capital. Mais les conditions de la banque vont dépendre de l’évolution de votre situation et de votre projet, et cela s’en ressentira dans les clauses du « covenant » (annexe du prêt fixant les conditions de maintien du prêt).

Garder la main jusqu’à quand ?

Pourquoi, je parle du pouvoir. Parce qu’en général, quand on démarre son projet, on veut en rester maître et faire rentrer des investisseurs le plus tard possible quand le modèle économique devient clair et que l’on est en position de force avec les premiers résultats. Car si on fait rentrer des investisseurs trop tôt, on n’aura plus les mains libres pour le choisir et même changer d’avis : le projet sera figé dans le business plan validé.

En fait c’est le contraire qui se passe. Plus vous faîtes rentrer les investisseurs tôt, plus vous les faîtes rêver sur une projet que vous aurez la liberté de préciser en fonction de la réalité, et un rêve ça se négocie plus facilement que la réalité. On est aussi plus fondé à le faire évoluer.

Si vous les faîtes rentrer tard, la discussion va pinailler sur vos réalisations effectives, et les prévisions étayées sur les résultats effectifs; et la réalité est toujours moins séduisante que le rêve.

Financer son entreprise : A quel moment mettre le booster ?

La question de la vitesse, c’est la question du calendrier de votre projet. Vous pouvez avoir besoin des fonds rapidement car votre projet est gourmand en investissements de démarrage ou vous pouvez vouloir faire des tests avant de lancer en grand (c’est souvent plus sage pour ne pas tout « cramer » dans une mauvaise direction).

Vous pouvez aussi avoir besoin des fonds pour la montée en puissance de la commercialisation quand tout est bien calé, c’est-à-dire plus tard.

En fait, dans tous les cas de figure, rammassez le maximum de fonds au début, car vous pourrez toujours les dépenser progressivement, et il sera plus difficile de les lever plus tard. Pourquoi ? D’abord, commme je l’ai dit, parce qu’il sera plus difficile de séduire sur une réalité que sur un rêve. Ensuite, parce que les premiers résultats peuvent être plus longs à venir que prévu. Et enfin, une levée de fonds prend énormément de temps en préparation et aller-retours documentés. Un temps qui est plus facile à mobiliser au démarrage que quand les clients et la production vous accaparent.

Le coefficient de réalité

En conclusion, rappelez-vous cette règle de base que tous les investisseurs utilisent: quand vous avez tout calculé et tout pesé, que vos plans d’affaires et de trésorerie sont ajustés au petit poil, que la production, les achats et les ventes ont été planifiées précisemment et avec prudence … vous multipliez tous les délais par deux et vous approchez de ce que va se passer dans la réalité !!!

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antonella VILAND

Plus de 10 ans d'accompagnement des entrepreneurs, passionnée par l'apprentissage, l'entrepreneuriat, la santé, le numérique, le bien-être, le social et tout ce qui touche au commerce !

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1 commentaire

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  • Bonjour Antonella,
    Je vais juste de créer ma société unipersonelle. Effectivement je me retrouve dans ce cas de figure où jai besoin de “lever des fonds” pour investir à court terme.
    Ayant fait un peu les choses à l’envers, il faut également que je prépare un business plan “au poil”, prioritairement pour la banque. J’ai aussi un minimum de communication à faire sous forme d’un 1er jet et qui sera à étoffer à moyen terme ; site internet, page Facebook Pro, carte de visite, flyer.
    Le dossier d’immatriculation juste déposé m’a demander un effort émotionnel intense et je sens bien que je ne peux pas emballer la machine plus que de raison.
    Aussi, j’ai décidé de reporter mon inscription à une formalité d’examen théorique indispensable pour mon démarrer pleinement mon activité. J’ai horreur de confondre vitesse et précipitation et je ne conçois pas me présenter à cette formalité sans être bien préparé.
    Du côté de la famille il s’avère que la LoveFunding s’avère très délicate, trop délicate même. Pourtant, la famille est en capacité d’investir. Mais je ne souhaite pas plus leur en demander, rester indépendant de ce côté là car l’argent est un sujet très sensible. Famille et investissement ne font pas bon ménage. Il est primordial pour moi de mettre MA barrière afin de me protéger et de ne pas devoir me sentir dans l’obligation de me justifier et rendre des comptes.
    Le planning de ces prochaines semaines se doit d’être désormais calmement et minutieusement réfléchi pour éviter les erreurs et impasses.
    J’ai à la fois besoin de cette coquille de protection et de retrouver la bonne marche à suivre.
    Bien à toi

antonella VILAND

Plus de 10 ans d'accompagnement des entrepreneurs, passionnée par l'apprentissage, l'entrepreneuriat, la santé, le numérique, le bien-être, le social et tout ce qui touche au commerce !