Surveillance rapprochée des auto-entrepreneurs : la carotte et le baton !

Attention ! Le régime d’auto-entrepreneur entrainant avec lui une foule de déclarations d’activité plus ou moins désorganisée (voire plutôt très désorganisée), les commerçants et artisans sont de plus en plus nombreux à tirer la sonnette d’alerte contre cette concurrence à durée déterminée pratiquant des prix défiant la loi de la concurrence… 3 députés UMP (Pierre Morel-à-L’Huissier, Isabelle Vasseur et Bernard Depierre ) ont mis le doigt sur cette dérive en proposant de donner plus de « moyens à la DGCCRF (répression des fraudes) et aux Urssaf de renforcer leurs contrôles afin de lutter contre les différents abus ».

En même temps, « 1,5 % des auto-entrepreneurs affirme avoir créé leur entreprise à la demande de leur ancien ou de leur futur employeur » preuve que le salariat déguisé est à l’œuvre en coulisse à une échelle sûrement plus importante.

Tout cela n’est pas sans rappeler quelques errances du système passé : comme l’époque où l’aide ACCRE de la DDTEFP était soumise à certaines conditions, dont notamment la preuve de non-salariat déguisé avec justificatif de contrat à l’appui sur certains types d’activités jugés plus à risque.

Bref, l’histoire se répète… et risque encore de se répéter puisque les pouvoirs publics alternent le discours facilitant  » créer c’est facile avec l’auto-entrepreneur » et le discours rassurant « nous allons protéger ce que vous avez construit » ce qui malheureusement ne peut pas se concilier si le projet construit ne repose pas sur des bases solides et un réalisme économique.

Pour s’en sortir l’entrepreneur doit appréhender son projet (et non pas son statut) pour construire une activité cohérente avec le marché et lui-même. Cela passe avant tout par un développement de compétence :

1- comprendre les bases de la comptabilité, gestion et du juridique permet d’appréhender les impacts sur son projet et son avenir. C’est indispensable pour  développer un projet qui puisse se développer au delà du statut  auto-entrepreneur.

2- maitriser les outils pour comprendre son marché et cultiver sa fibre entrepreneuriale et marketing pour que l’offre de produit ou service soit suffisamment convaincante pour réaliser le chiffre d’affaires … et la rémunération attendue in fine !

A priori, l’entrepreneur maitrise une technique ou un champ de compétence mais rarement l’intégralité de ce qui est nécessaire. Ne me dites pas que cette formation devrait être obligatoire puisqu’elle est importante : que chaque entrepreneur prenne enfin sa vie en main ! Auto-entrepreneur ou pas : nous parlons bien ici de chef d’entreprise, quelque soit la taille de l’activité !