Prise de décision : comment ça se passe ?

En une seconde ou en plusieurs nuits d’insomnie, des prises de décision s’imposent, d’autres semblent nous échapper.

Décider n’est jamais totalement rationnel. En tant qu’entrepreneur, il est essentiel de comprendre comment se prennent vraiment les décisions.

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Prise de décision performante ? Un profil idéal ?

Le-penseur-prendre des décisions

Le décideur idéal? Vous le connaissez parfaitement: calme, pragmatique, sûr de lui, maître de ses émotions et capable de dénouer une situation en un instant. Une vraie « machine à trancher » 🙂 , icône des médias et de la culture d’entreprise. Sauf que, avouez-le, vous ne l’avez pas souvent croisé dans la vraie vie.

En théorie, si l’on se réfère à la définition posée par Aristote au IVe siècle avant notre ère, la  prise de décision serait le fruit du meilleur rapport entre nos désirs et l’action qui nous semble la plus propice à les réaliser. Mais, dans la réalité, il en va autrement.  » L’étude des « raisonnements  froids »ne suffit pas à expliquer nos comportements, relève Sacha Bourgeois-Gironde, chercheur en sciences cognitives à l’Institut Jean-Nicod.

Pour comprendre comment nous prenons nos décisions, il faut intégrer une approche psychologique. Et tenir compte de la manière dont les gens font réellement leurs choix. C’est-à·dire des limites et des failles de nos capacités cognitives. »

C’est ainsi: aussi brillant soit-il, notre cerveau n’opère pas ses choix comme il résout de simples équations. Les expériences montrent même qu’il affirme un penchant naturel pour certains Comportements « déviants ». Les psychologues appellent cela des « biais cognitifs ». Ce sont des attitudes communes à une majorité d’entre nous et qui n’ont rien de rationnel.

Exemple: notre attachement au statu quo (notre situation présente, nos possessions actuelles, etc.) nous conduit souvent à supporter les désagréments d’une situation familière … plutât que d’en changer! N’est-ce pas cette légère appréhension qui vous retient de vous faire débaucher par une entreprise concurrente, alors que votre poste actuel vous offre peu de perspectives?

A moins que ce qui vous freine ne soit ce que l’on appelle le  » surpoids des coûts engagés « . Il s’agit du temps et de l’énergie que l’on a consacrés à un projet et pour lesquels on attend une récompense. Voici six mois que vous visez cette prime d’objectifs, vous n’avez pas l’intention de quitter la société avant de l’avoir décrochée. Ou encore: vous ne pouvez vous résoudre à vendre votre vieille voiture pour en acheter une nouvelle, qui coûterait évidemment plus cher. Vous oubliez que vous dépensez bien plus d’argent à la maintenir en état, sans compter toutes ces heures passées à vous en occuper. Rationnellement, la conserver n’a aucun sens mais, émotionnellement, il en va autrement : vous avez tant investi…

Comment se passe la bonne prise de décision ? : Plus de délai, moins de stress

Autre facteur récurrent dans nos prises de décision: nous admettons mieux une perspective désagréable quand elle est éloignée dans le temps que lorsqu’elle se présente à court terme. Ainsi, vous êtes prêt à décharger Dubois d’un dossier assommant pour le mois prochain, mais vous avez tiqué quand on vous a demandé deux pages de compte rendu pour demain matin. Le même processus fonctionne aussi dans l’autre sens: plus la perspective d’un gain est éloignée dans le temps et moins il nous intéresse. Autre déclinaison: les psychologues ont remarqué que nous préférions un gain sûr à un gain risqué de plus grande importa nce. Mieux vaut 10000 euros dès maintenant que 12 000 euros dans trois ans. Notre recherche de la récompense n’est toutefois pas le seul moteur de nos décisions. Nous ne sommes pas uniquement des matérialistes qui cherchent à maximiser leurs gains. Nous souhaitons tout autant la coopération avec autrui et l’équité.

Cette attitude pourrait bien remonter loin dans l’histoire de notre évolution. Une expérience récente menée par Sarah Brosnan et Frans de Waal, du Yerkes National Primate Research Center d’Atlanta, démontre que les singes capucins réagissent très mal aux inégalités de récompense. Si certains se contentent d’un concombre quand ils sont seuls, ils refusent d’effectuer leurs exercices s i leurs congénères reçoivent une meilleure récompense qu’eux (un raisin en l’occurrence) pour la même tâche. C’est ainsi: le coeur a ses raisons qui servent nos décisions, y compris les plus primaires. Les célèbres travaux d’Antonio Damasio, professeur de neurologie à l’Université de l’Iowa, montrent notamment comment des patients privés d’émotion à la suite de lésions cérébrales se révèlent incapables de prendre des décisions, pas même de fixer une date pour un Simple rendez-vous.

Les émotions commandent

Eric Raufaste, chercheur au laboratoire Travail et cognition de l’Université Toulouse-II Le Mirail, va plus loin:  » Notre capacité de prise de décision est affectée par notre état d’esprit du moment et par notre personnalité. Certains événements sont ainsi mieux gérés par des individus anxieux, car cet état augmente la capacité d’attention et peut aider à trier les informations pertinentes. » A l’inverse, les gens dotées d’une trop grande confiance peuvent mal évaluer les risques d’erreur. « Une personne sûre de quelque chose à 90 % a raison bien moins souvent que dans 90 % des cas, résume JeanFrançois Bannefan, chercheur au laboratoire Cognition, langues, langage et ergonomie du CNRS. Cela dit, les expériences menées dans le monde du travail montrent que la tendance à l‘excès de confiance peut porter préjudice dans les métiers de la Bourse ou de la banque. En revanche, elle peut être un/acteur déterminant pour créer son entreprise.»

Pour autant, les prises de décision les plus efficaces ne sont pas toujours les plus satisfaisantes.

C’est ce que semblent confirmer de récentes études menées sur des personnes identifiées comme «perfectionnistes». De ces travaux, conduits par l’équipe de Barry Schwartz, professeur en psychologie sociale au Swarthmore College de Pennsylvanie, il ressort que les perfectionnistes font les meilleurs choix objectifs … mais qu’ils en tirent souvent moins de satisfaction que les autres! Ils regrettent plus souvent leur décision, un sentiment de frustration que nous partageons tous face à un trop grand nombre d’options.

Ce type de choix induit une plus grande dépense de temps et d’énergie et augmente « le coût d’opportunité ». Autrement dit, la perte des autres possibilités nous fait souffrir. Mieux: les pertes nous font davantage souffrir que les gains nous font du bien. Voici comment la peur de se tromper peut paralyser les plus précautionneux d’entre nous, au point de les empêcher de prendre toute décision.

extrait de BETTY MAMANE dans courrier cadres juin 2007

A retenir selon moi :

–  l’impérieuse nécessité d’être dans l’émotion pour décider

– la nécessité de « lâcher » un perfectionnisme trop important pour être dans l’action de l’entrepreneuriat et pour avancer chaque jour.

A lire :

L’intelligence émotionnelle au travail

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