Financement création d’entreprise : les 10 erreurs à éviter

Trouver un financement en phase de création d’entreprise est souvent le point d’achoppement d’un projet entrepreneurial. Non pas qu’il soit impossible de trouver une solution mais souvent parce qu’on s’en fait des montagnes par manque d’information  sur ce qu’on peut faire et comment le faire.

Je suis toujours triste de voir le nombre de bons projets qui ne se font pas non par manque de financement mais par manque de connaissance des entrepreneurs sur ce qu’il faut faire pour en obtenir. Aussi je vais vous expliquer les 10 erreurs à éviter pour réussir le financement de son projet.

Ce problème de compétence est d’ailleurs vrai dans de nombreux domaines de la création d’entreprise, aussi je vous invite à télécharger mes guides gratuits pour muscler vos connaissances et compétences entrepreneuriales et sécuriser votre réussite :

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1ère erreur : Ne rien faire par peur du refus d’une demande  de financement création d’entreprise

Le premier obstacle est souvent psychologique : on se fait une montagne du problème car on imagine que l’on va se faire refuser sa demande. Et dans notre culture c’est très compliqué de se voir refuser quelque chose que l’on demande. Pourquoi ? Parce qu’on le prend personnellement et on se sent rejeté si notre demande est rejetée. Même si on est très investi dans son projet d’entreprise – et c’est bien normal et nécessaire – il faut savoir faire la différence entre soi et son projet (voir mon article sur ce sujet).

Et encore ce n’est pas le projet que vos interlocuteurs jugent, c’est l’adéquation de votre projet à leurs critères de financement.

Donc n’hésitez pas à faire des démarches pour votre financement, des refus vous allez en avoir (Walt Disney en a connu 357 avant de pouvoir financer son premier parc d’attraction !). Cela ne doit pas entamer votre confiance en vous ou en votre projet. Comme ils disent à tout bout de champ (surtout au moment de buter quelqu’un) dans le film Le Parrain : « Ce n’est en rien personnel, c’est juste la logique des affaires » :

strictly business

2ème erreur : Assimiler financement à banque

Bien sûr, la banque est le premier interlocuteur auquel on pense quand on parle de financement, mais il y a beaucoup d’autres façons de financer son entreprise : 42% des entreprises financent leur démarrage par une autre moyen que le crédit bancaire ! Je détaille la façon de s’y prendre pour 21 sources de financement différentes dans ma formation dédiée à ce sujet ! Pour n’en citer que quelques unes d’assez classiques : les aides, le crédit-bail, les associés, les fournisseurs, le crowdfunding, l’affacturage, etc. Les sources ne manquent pas : l’enjeu est de bien connaître l’adéquation financement /besoin de financement pour ne pas se disperser et s’adresser à la bonne cible pour chaque besoin.

Alors comme disent les américains : pensez en dehors de votre cadre de référence habituel (out of the box = en dehors de la boîte) :

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3ème erreur : se renseigner trop tard sur le financement création d’entreprise

Un rendez-vous bien préparé avec un financeur est la clef du succès. C’est comme pour un client, vous devez bien connaître ses besoins et avoir préparé l’argumentaire qui va le convaincre pour éviter de l’assommer avec tous les avantages du produit ou service et toutes les promesses du projet au risque de noyer les arguments décisifs. Chaque interlocuteur a un besoin prioritaire à satisfaire et des critères différents d’analyse du projet. Apprenez à les connaître avant de foncer tête baissée.

faire l autruche

4ème erreur : ne pas être patient pour son financement création d’entreprise

Créer une entreprise est un processus long et complexe qui nécessite des apprentissages : c’est une nouvelle vie et un nouveau métier.

Tout ne va pas arriver tout de suite : le produit ou service parfaitement au point, les clients, le chiffre d’affaire, et même, souvent, le revenu du chef d’entreprise … Il en est de même pour les financements : vous devez réunir des éléments d’informations sur vos interlocuteurs (on vient d’en parler) mais aussi sur votre projet : construire un business plan en béton et accepter d’essayer plusieurs fois avant de réussir. C’est normal de devoir faire beaucoup de demandes d’ailleurs, même si ça marche bien ! Si vous avez rapidement une proposition de crédit bancaire, profitez-en pour voir d’autres banques et améliorer l’offre de crédit que vous allez contractualiser.

patience

5ème erreur : Ne pas avoir la bonne posture pour chaque interlocuteur

Du point de vue de la bonne préparation, cette erreur peut paraître redondante avec la 3ème « se renseigner trop tard » mais elle ne l’est pas. Il y en effet plusieurs niveaux de préparation :

  • la bonne formation pour acquérir les compétences nécessaires pour trouver et convaincre les bons interlocuteurs,
  • les informations à réunir sur ces interlocuteurs eux-mêmes,
  • la présentation adéquate de votre projet avec la sélection d’arguments clefs,
  • et : votre posture pour l’entretien.financement creation entreprise posture

Cette posture est autant celle de votre apparence que de votre état d’esprit.

Toute négociation est une communication et toute communication est une négociation. Savoir se mettre sur le bon plan envoyer des messages qui peuvent être reçus par votre interlocuteur générer de l’empathie etc sont des conditions d’une bonne communication. Cela passe aussi par votre présentation physique qui « dit » des choses à votre interlocuteur. Si vous arrivez habillé à un rendez-vous de façon négligée – selon les critères de votre interlocuteur – et que vous vous tenez avachi dans le fauteuil qui vous est présenté, votre partenaire aura du mal à penser que vous quelqu’un de rigoureux et déterminé qui va se battre pour faire réussir son projet. Un exemple tout bête : dans la tête d’un banquier, porter la cravate est un signe de sérieux, même s’il sait qu’elle tombe en désuétude en ce moment dans beaucoup de milieux, cela l’influence quand même inconsciemment. Prenez en compte le cadre de référence de votre interlocuteur.

Votre état d’esprit est déterminant. Si en entrant dans le bureau vous n’êtes pas animé par la conviction de la réussite de votre projet et de son intérêt pour votre interlocuteur cela va se sentir et contribuera à votre perte.

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6ème erreur : Avoir peur de ne pas pouvoir rembourser

C’est sûr si vous prenez un crédit il va falloir le rembourser ! Et si le projet ne marchait pas ou pas comme je l’ai imaginé ? Comment vais-je faire ? Je vais être ruiné(e) !

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Le plus anxiogène, ce n’est pas la difficulté mais l’incertitude.

La difficulté, on la saisit à bras le corps et on la traite, alors que l’incertitude vous mine et est un ennemi invisible.

La seule façon de la réduire, c’est de rendre les choses visibles. C’est justement l’objectif principal du business plan, vous le faîtes d’abord pour vous ! Je ne parle pas du business plan fait avec un expert comptable (ou pire « fait par ») pour aligner des chiffres qui font plaisir à un banquier. Non ! un vrai business plan celui que vous allez faire vous-même en pesant chaque mot et chaque chiffre à partir des informations nécessaires pour l’étayer (d’ailleurs ça oblige à aller chercher les informations qui manquent). C’est en faisant ce travail laborieux que vous allez réduire l’incertitude et avoir confiance dans votre réussite. Je dis laborieux parce cela demande du temps et de l’application. Mais si vous « perdez » ce temps au début, cela va vous en faire gagner 10 fois plus pour la suite :  toutes les questions que vous vous posez avant pour le faire ce sont des pièges que vous allez éviter après. Donc, c’est tout sauf une corvée à évacuer ! Je vous explique comment faire pas à pas dans mon guide gratuit.

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7ème erreur : Demander trop peu pour être crédible

Etre raisonnable ! On nous apprend cela depuis l’enfance. Etre raisonnable, oui, mais cela ne veut pas dire penser petit comme on le voit trop souvent (plus souvent que penser trop grand, en fait). « Penser petit » son projet cela peut être déraisonnable : démarrage trop long, ambitions insuffisantes pour dégager un revenu correct, sous-estimation des dépenses nécessaires, objectifs pas assez motivants, etc.

Etre raisonnable c’est penser juste. On en revient au business plan qui permet de faire ce travail d’estimation raisonnée de la progression prévisible et des besoins de financement. Si vous visez trop court vous risquez de ne pas atteindre vos premiers objectifs. Or il est beaucoup plus difficile de négocier une rallonge à ce moment là qu’un montant plus grand au démarrage. De plus si votre financeur sait bien lire votre business plan il va se rendre compte que vous avez prévu trop peu et cela va entamer votre crédibilité pour mener à bien le projet : demander trop peu va se retourner contre vous.

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8ème erreur : Ne pas écouter le motif du refus

On le dit souvent, essuyer des refus c’est normal ; et même, ne pas essuyer de refus n’est pas bon signe : cela montre souvent que l’on a pas assez négocié !

Mais pour que ces refus servent à quelque chose, il faut bien les analyser pour réussir les tentatives suivantes. On peut être tenté de prendre les choses personnellement et critiquer son interlocuteur qui « ne comprend rien » ou qui est « trop frileux » etc.

Il est plus utile de bien écouter et de demander précisemment ses raisons ou les manques de notre dossier. Il n’est pas agréable non plus de refuser quelque chose à quelqu’un. Si vous demandez conseil à votre interlocuteur, vous allez le mettre plus à l’aise et bénéficier de précieuses informations : quelles sont les parties faibles de mon dossier ? qu’est-ce qui a été déterminant pour vous ? comment devrai-je m’y prendre pour améliorer mon dossier ? et même : à qui pourrais-je m’adresser pour obtenir mon financement ?

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9ème erreur : Vouloir ne rien devoir à personne

Erreur classique aussi ! On ne veut pas demander de l’argent à sa famille, à ses amis, à des anciens collègues, à des administrations tatillonnes et méfiantes (elles ont tellement de peur de se « faire avoir » qu’elles vous font ressentir que vous êtes un fraudeur en puissance), à un fournisseur   etc

Mais pour réussir votre projet, vous n’allez pas avoir besoin que d’argent, vous allez avoir besoin de beaucoup d’aides, d’appuis, de conseils, de bonnes relations et même … de vos clients !

Si vous ne voulez rien demander à personne pour ne pas vous sentir redevable : surtout n’entreprenez rien ! Car toute réussite dépend des autres. On ne fait jamais rien tout seul. Et ce que vous devez à ceux qui vous aident, c’est surtout de tout faire pour réussir. Quand on aide quelqu’un, c’est que l’on souhaite le voir réussir et aussi qu’on serait agacé de voir qu’il n’a pas fait tout ce qu’il pouvait et a gaspillé l’aide que vous lui avez donné…

Donc, oui, sentez-vous redevable : tenez au courant ceux qui vous aident de l’avancée de votre projet, remerciez-les, et associez-les à vos victoires, vous aurez de la gratification partagée à avoir reçue cette aide.

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10ème erreur : Griller toutes ses cartouches

Quand on ne se sent pas assez préparé pour réussir, on ne veut pas tenter sa chance car on a peur de griller des cartouches !

Eh bien ! préparez-vous mieux ! Si je suis si motivée à aider les entrepreneurs à réussir, c’est bien que je suis toujours frustrée ou navrée quand je vois des échecs qui n’auraient pas du arriver, si les entrepreneurs étaient convenablement formés.

Le problème en France c’est qu’on se sent plus fier de réussir sans l’aide de personne : «je me suis fait tout seul ! » ah oui ? c’est dommage avec de l’aide tu aurais pu aller plus vite et prendre moins de gammelles ! 😉

La première chose à faire pour ne pas « griller » mais simplement « utiliser » des cartouches : c’est d’être préparé.

La seconde chose à savoir c’est que le barillet contient toujours plus de balles qu’on imagine : il n’y a pas qu’une seule banque : celle dans laquelle vous avez votre compte personnel, il n’y a pas qu’un seul associé possible, il n’y a pas qu’un seul fournisseur qui pourrait vous aider, etc.

Le monde est vaste et vous aurez toujours de nouvelles possibilités de demander des financements. Et surtout, plus vous demandez et tirez les leçons de chaque refus, plus vous devenez expert dans votre démarche de demander !

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Utilisez donc vos cartouches : le pire serait de garder un barillet plein.

C’est comme la vie et la création d’entreprise : les pires regrets sont ceux de n’avoir rien tenté.

Ce serait dommage : 86 % des dirigeants en ayant fait la demande ont obtenu un emprunt bancaire ! Et je ne parle même pas des autres sources de financements, seulement celle qui est la plus redoutée !

J’espère que cela vous a éclairé sur certains points, si vous voulez en savoir plus sur le financement création d’entreprise, regardez ma video sur les 25 erreurs à ne pas faire, … et oui 15 de plus ! je vous dis tout ce qu’il faut savoir :

Découvrez les 5 étapes pour réussir à financer sa création d'entreprise