Reclassement professionnel : 5 conseils clés

Votre employeur vient de vous annoncer qu’il va mettre en œuvre un reclassement professionnel à votre intention : ce n’est pas une période agréable, le chômage fait peur.

Dans cet article, nous allons voir ensemble 5 conseils clés pour vous aider à traverser cette période au mieux. Pour cela, nous allons aborder :

  • les différents cas où on parle de reclassement professionnel en France
  • la définition du préavis en cas de reclassement professionnel
  • le cas de figure spécifique du contrat de sécurisation professionnelle avec Pôle Emploi (CSP)
  • les enjeux de la prime de reclassement
  • le rôle d’une cellule de reclassement
  • le rôle d’un cabinet de reclassement
  • et plus largement ce qu’on entend par outplacement
  • sans compter les pistes pour profiter d’un repositionnement professionnel en période de reclassement professionnel

Vous voyez que le sujet est riche ! Allez c’est parti !

Dans quel cas parle-t-on de reclassement professionnel en France ?

Il y a 3 situations :
  • Vous sortez d’une maladie qui vous rend inapte pour la reprise de votre emploi,
  • Vous avez eu un accident qui vous empêche de continuer les mêmes fonctions,
  • Votre entreprise doit procéder à un ou des licenciements économiques car l’activité n’est pas suffisante pour maintenir votre poste.
Pour les 2 premiers cas, « Lorsque, à l’issue d’une maladie ou d’un accident, le médecin du travail a constaté l’inaptitude d’un salarié, l’employeur doit respecter une obligation de reclassement. Il doit ainsi faire une proposition de poste au salarié, qui sera libre d’accepter ou de refuser l’offre qui lui est soumise. « (1)
Dans le cas d’un licenciement économique, cette loi s’applique dans certaines conditions.
« L’employeur a l’obligation de proposer un congé de reclassement à un salarié lorsque :
  • son licenciement économique est envisagé
  • l’entreprise ou l’établissement emploie au moins 1 000 salariés ou lorsque l’entreprise fait partie de celles mentionnées aux articles L. 2331-1 et L. 2341-4 du Code du travail, dès lors qu’elles emploient au total au moins mille salariés.
Cependant, cette obligation ne s’impose pas si la société se trouve placée en redressement ou en liquidation judiciaire.  » (2)
Cela veut dire quoi pour tous les autres ? Vous allez simplement pouvoir bénéficier d’un contrat de sécurisation professionnelle avec Pôle Emploi (CSP). Vous allez toucher un peu plus d’argent qu’un chômeur classique (c’est le principal avantage vu par la lorgnette économique).
Conseil clé n°1 : prenez la CSP ! Cela vaut généralement le coup ! 
Deux autres avantages à souligner :
  • Un conseiller Pôle Emploi va  vous épauler un peu plus qu’un chômeur lambda : statistiquement, vous êtes un stagiaire de la formation professionnelle !! Nos politiques n’ont pas envie que vous soyez « obligé » de devenir un vrai chômeur à l’issue de la CSP, c’est mauvais pour les stats.. Donc on va un peu plus vous aider ! Tant mieux 😉
  • Vous pourrez peut être bénéficier d’une formation mais le financement reste souvent partiel et le temps d’attente est long  … du coup de plus en plus de gens auto-financent leur première formation pour avancer plus vite et en attendant la prise en charge de la suivante. C’est, à mon avis, un bon calcul car mieux vaut se former au plus vite pour rebondir dans un délai raisonnable que de chercher à optimiser à tout prix les aides publiques (ne pas inverser les priorités !)
Conseil clé n°2 : cherchez tout de suite les formations qui vous intéresse et faîtes vos demandes de financement à pôle emploi au plus vite en veillant à construire un projet professionnel cohérent. Mais n’attendez pas un financement à 100%. C’est votre investissement pour votre carrière. La plupart des gens dépensent facilement 2000 euros de plus pour une option sur leur voiture (que j’ai envie de qualifier de « jetable » puisqu’elle ne durera pas une vie) alors qu’ils rechignent à dépenser 2000 euros pour investir sur eux, leur meilleur actif. Gérez vos priorités.

Reclassement professionnel : préavis définition

« Le congé de reclassement du salarié débute à la fin du délai de réflexion de 21 jours lui étant accordé pour faire son choix après son entretien de licenciement. La période du congé remplace celle du préavis, le salarié étant dispensé d’exécuter ce dernier. Le salarié continue donc de percevoir son salaire pendant son congé. Si ce dernier dépasse la période de préavis normalement prévue, le salarié a droit à une rémunération mensuelle d’un montant égal à 65 % de sa rémunération brute moyenne. Ce versement est à la charge de l’employeur.  » (2)
L’avantage ici concerne le soutien qui est offert par le cabinet ou la cellule de reclassement : cela n’a rien à voir avec un conseiller Pôle Emploi qui souffre généralement d’un cruel manque de temps pour bien vous épauler même si c’est son voeu le plus cher … Sans compter que la durée de formation des conseillers Pôle Emploi a été divisé par 10 ces dernières années : ils ne peuvent plus faire face correctement et vous aideront moins s’ils vous jugent « autonome ». ( traduisez  » vous avez déjà recherché un emploi avec succès »). Cela ne leur plaît pas non plus mais leurs conditions de travail ne permettent pas vraiment de faire mieux …
Ensuite, dans la situation d’une cellule ou cabinet de reclassement, vous allez obtenir un budget de formation bien plus confortable ! J’ai constaté une moyenne de 6 000 euros ces 10 dernières années, là où si vous étiez à Pôle Emploi vous n’avez guère plus qu’une moyenne de 1 000 euros. ( selon le barème CSP en fait ce qui dépend de votre ancienneté)
Conseil clé n°3 : N’attendez pas que le cabinet vous rappelle la date limite pour fournir les devis pour les formations qui vous intéressent ! Prenez les devants pour faire établir les devis chez tous les organismes que vous avez ciblé. 

Reclassement professionnel : si vous êtes dans le cas de CSP avec Pôle Emploi

« Pour les salariés qui justifient d’un an d’ancienneté ou plus dans l’entreprise, le CSP leur permet de bénéficier d’une allocation de sécurisation professionnelle (ASP) dont le montant est égal à 80% du salaire brut antérieur pendant 12 mois si la date d’engagement de la procédure de licenciement est antérieure au 01/02/2015 et de 75% du salaire brut si elle est postérieure.
Le versement de l’allocation est immédiat, sans délai d’attente, ni différé d’indemnisation.
Il permet également aux bénéficiaires d’avoir un accompagnement renforcé dès la fin du contrat de travail. » (3)

 

Reclassement professionnel : prime de reclassement

Il y a ici 2 cas de figures :
  • Votre reclassement est géré par votre employeur avec l’aide d’un cabinet de reclassement

Dans ce cas, j’ai noté une relative absence de pratiques partagées… Et je ne suis pas contre quelques commentaires pour étoffer cette section, notamment pour le cas d’une issue vers un nouvel emploi salarié, ceci n’étant pas mon coeur de métier : n’hésitez pas !
De par mon expérience d’accompagnatrice de salariés vers l’entrepreneuriat, je peux dire que le salarié qui crée son entreprise arrive très souvent à obtenir un financement (ou un prêt d’honneur parfois) de quelques milliers d’euros (3 à 10 k € selon la taille du projet) sur présentation de son dossier complet comme le business plan élaboré en formation. En tout cas, c’est vraiment le minimum que j’ai pu obtenir avec eux. Certains ont obtenu bien plus : parfois jusqu’à 40 000 euros si l’entreprise crée va aussi créer d’autres emplois…)
Avec mes clients, je vise à obtenir le meilleur et je suis souvent amené à discuter avec le responsable dans l’entreprise pour aider à trouver une somme juste pour les parties prenantes (même si cela reste au bon vouloir de l’employeur, soyons clair … mais cette action est importante pour leur image ne l’oubliez pas non plus 😉
  • Votre reclassement professionnel est géré par Pôle Emploi :

« Le bénéficiaire de la CSP qui retrouve une activité professionnelle sous forme de CDI, CDD ou CTT d’au moins 6 mois avant la fin du 10ème mois du dispositif cesse de bénéficier de la CSP et peut solliciter le versement d’une prime de reclassement.
Celle-ci est versée en 2 fois et est équivalente à 50% des droits résiduels à l’ASP :
– le premier versement intervient au plus tôt au lendemain de la date de reprise d’emploi ;
– le second versement intervient 3 mois après la date de reprise d’emploi (sous réserve que celui-ci soit toujours en cours).
La demande de prime de reclassement doit être faite dans les 30 jours suivant la date de reprise d’emploi. »
Ceci illustre le cas du reclassement salarié.
Pour les entrepreneurs, dès création d’une société, le bénéficiaire de la CSP voit son ASP prendre fin : il est automatiquement basculé dans le mécanisme de l’ARE ( allocation retour à l’emploi) ce qui nous permet de lui faire bénéficier de l’ACCRE et de l’ARCE. Ne vous affolez pas avec tous ses sigles. Il s’agit de dispositif d’aide à la création d’entreprise de la DDTEFP et de Pôle Emploi. Je vous les explique là et nous mettons en place toutes les aides appropriées pour votre projet dans mon programme d’accompagnement et de formation à la création d’entreprise Entreprendre En Sécurité.

 

Reclassement professionnel : qu’appelle-t-on cellule de reclassement ?

« La cellule de reclassement est une structure mise en place par l’employeur, dans le cadre d’une convention conclue avec l’État, afin de faciliter le reclassement en dehors de l’entreprise des salariés dont le licenciement économique est envisagé.
  • Elle a un rôle d’accueil, d’évaluation, d’orientation et de conseil.
  • Elle est composée de salariés de l’entreprise ou d’intervenants extérieurs.
  • Elle se charge d’examiner avec le salarié sa situation professionnelle, ses attentes et les emplois envisageables. Elle peut collaborer avec Pôle emploi.
  • La cellule de reclassement prospecte directement les offres d’emploi auprès du réseau de relations de l’entreprise. » (4)

 

Reclassement professionnel : cabinet de reclassement

« Le choix du prestataire accomplissant la mission d’accompagnement appartient soit à l’employeur, soit aux salariés de l’entreprise désignés par lui. 
Le congé commence par un bilan d’évaluation effectué par le biais d’un entretien entre le salarié et la cellule d’accompagnement. Il vise à permettre au salarié de définir un projet professionnel et, le cas échéant, de déterminer les actions de formation nécessaires à son reclassement. » (2)
Ce bilan est d’une importance capitale : vous avez besoin ici de l’aide d’un consultant chevronné qui saura vous aider à passer le cap et regarder l’avenir autrement. Vous êtes au bon endroit 🙂 Ces cabinets sont là pour ça.
A ce jour,le nombre de cabinets de reclassement est importants : vous avez sûrement déjà entendu parlé de BPI et ALTEDIA par exemple. Mais il y en a beaucoup d’autres … Voir la liste complète ici : http://www.outplacement-et-reclassement.com/cabinets-de-reclassement.html
Conseil clé n°4 : établissez un bon dialogue avec votre conseiller, fournissez-lui un maximum d’informations sur vous dès le premier rendez-vous et montrez-lui que vous menez des actions concrètes pour votre avenir. C’est un gage de sérieux non négligeable !
Macreationdentreprise.fr travaille avec ces cabinets et leurs salariés à différents niveaux :
  1. La formation MONREVE permet aux salariés qui souhaitent envisager une reconversion professionnelle vers la création d’entreprise d’améliorer ou de trouver l’idée d’entreprise initiale et d’appuyer la phase de bilan initial du cabinet. La formation est aussi suivie à l’issue du bilan pour aider le futur entrepreneur à accoucher d’une idée ayant plus de chances de succès.
  2. La formation ENTREPRENDRE EN SECURITE fait suite à l’accompagnement du cabinet de reclassement : cette formation rentre sans problème dans le budget de formation des salariés souhaitant créer leur entreprise. Elle permet d’accompagner le salarié main dans la main durant 6 mois : l’étude de marché, la construction du prévisionnel, le choix du statut, le financement, le pilotage, la communication et la stratégie commerciale seront ainsi validés avec un expert. Le salarié acquiert les compétences nécessaires et la posture de dirigeant grâce à ce cycle complet de formation à l’entrepreneuriat.

Conseil clé n°5 : si l’idée de créer vous titille, allez faire un tour sur les ressources gratuites de ce site. C’est fait pour !

Outplacement définition

Vous l’avez compris : ce qu’on appelle reclassement professionnel en externe, avec un cabinet de reclassement donc, est la traduction française du terme anglo-saxon  » outplacement »

Reclassement professionnel : si vous envisagez un repositionnement professionnel

Alors évidemment chacun est libre de gérer la situation comme il l’entend mais j’ai envie de vous inviter à prendre le temps de l’introspection. Rien n’arrive par hasard :
  • Peut être est-ce le moment de faire le point sur vos envies et votre avenir pour repartir sur un beau projet d’avenir ?
  • Est-ce que vous avez le sentiment que vous aviez fait le tour de votre emploi ?
  • Voulez-vous continuer dans ce genre de job ?
Si un doute apparaît, vous devriez lire ici le guide de la reconversion professionnelle : cela devrait vous éclairer.
Et pourquoi pas suivre cette méthode d’auto coaching pour décider de votre avenir ? C’est la version gratuite et française d’un programme américain qui a aidé des milliers de personnes , qu’est-ce que vous attendez ?

 

On me dit souvent  » Mon entreprise ferme, quels sont mes droits ? »

J’entends souvent cette phrase et elle me fait, je dois l’avouer, frémir… c’est le mot « droit » qui me parait un brin excessif.
  • Qu’à-t-on fait de notre sens de l’initiative depuis l’homme des cavernes ?
  • Est-ce qu’à force de maintenir la population dans le calme à coup de subvention et d’aides de pacotilles, on a enlevé le plus petit souffle d’énergie créatrice aux Français ?
Je ne veux pas le croire !!
Nous  avons des droits ( j’en ai parlé avant.. et franchement en France on est bien loti) mais nous n’avons pas que des droits :
  • nous avons le devoir d’agir pour se prendre en main pour notre amour propre, notre avenir et celui de nos enfants …
  • nous avons le devoir d’agir pour améliorer le monde ( eh oui, le monde est celui que nous construisons ensemble)
Je crois que cette question est un réflexe XXième siècle qui s’amenuise… Car tout me laisse penser que nous sommes de plus en plus nombreux à prendre la relève et à oser entreprendre. En tout cas, 46% des français considèrent aujourd’hui que l’entrepreneuriat est le meilleur choix de carrière. Et ça c’est une bien belle nouvelle 🙂
reclassement professionnel
Sondage relayé par le magazine Chef d’Entreprise (5)

 

 

Coûte que coûte, il faut trouver le moyen de sublimer la souffrance liée à ce reclassement professionnel : commençons par trouver une bonne idée de business et par vous préparer à prendre le virage !
Vous n’êtes plus seul pour cela : je suis à vos côtés et je compte bien le rester. N’hésitez pas à partager cet article avec vos collègues : ensemble on est plus fort pour passer le cap 😉

 

Les sources :