Votre congé pour création d’entreprise de A à Z pour optimiser vos droits et réussir votre projet

conge-pour-creation-d-entrepriseDans cet article best-of je vous explique :

  • les erreurs commises par beaucoup lors de la demande de leur congé pour création d’entreprise ( c’est dans la vidéo uniquement)
  • comment faire dans la pratique pour réussir son congé pour création d’entreprise avec un modèle de lettre de demande de congé création d’entreprise à l’appui.
  • les réponses clés d’une avocate spécialisée en la matière
  • et en conclusion je vous aide à préparer au mieux votre projet d’entreprise avec quelques tuyaux complémentaires 😉 (Dont 7 guides à télécharger, pas belle la vie ?)

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Les 5 minutes nécessaires pour lire cet article sont le meilleur investissement que vous puissiez faire pour votre avenir.

 

Etape 1 – Découvrez les erreurs du congé pour création d’entreprise avec cette courte vidéo

Etape 2  – Les aspects pratiques du congé pour création d’entreprise :

Les conditions du congé pour création d’entreprise :

  • Prendre un congé création d’entreprise pour créer ou reprendre une entreprise est une option offerte à tous les employés ayant le souhait d’entreprendre, travaillant dans l’entreprise ou le groupe depuis plus de 24 mois, consécutifs ou non.
  • Il faut respecter un certain formalisme pour l’obtenir ( cf ci dessous)

Les modalités du congé pour création d’entreprise :

  • Sa durée est de 12 mois, renouvelable une fois.
  • Il peut être pris à temps plein ou partiel, mais il faut être prudent, dans ce cas, le renouvellement se fait sur le mode sélectionné initialement: temps plein ou partiel.
  • Son effet est de suspendre le contrat de travail et ses effets (y compris le paiement des salaires lorsque le congé est à temps plein). Trois mois avant la fin du congé, le salarié doit aviser son employeur s’il veut retourner son poste ou de quitter l’entreprise. Mon expérience m’invite à conseiller un 50% : c’est une très bonne solution : vous avez plus de chances de l’obtenir de votre employeur facilement, vous gardez un salaire, vous pouvez lancer votre projet sereinement ( en tout cas le genre de projet solide et flexible que je vous accompagne à lancer avec mon programme de formation création d’entreprise Entreprendre Sans Risque).
  • Il faut envoyer une lettre recommandée deux mois avant la date de début du congé demandé. ( modèle de lettre ci-dessous)
  • L’employeur peut retarder le début du congé de 6 mois en raison de problèmes d’organisation interne.
  • Pensez à  l’obligation de non-concurrence dans la préparation de votre projet et de votre demande ! Généralement, un employé est tenu à un devoir de loyauté envers son employeur, qui s’accompagne  d’une obligation de discrétion et de réserve, voire souvent d’une obligation de non-concurrence. Il est donc dans ce cas interdit d’exercer une activité concurrente de celle de son employeur, soit pour son propre compte ou pour le compte d’un autre employeur. Ceci est valable pour la durée de son contrat de travail, y compris au cours d’une période de congé, quelle qu’en soit sa nature.

Exemple de lettre de demande de congé pour création d’entreprise

Nom Prénom expéditeur
N° Rue
CP Ville

Nom Prénom destinataire
N° Rue
CP Ville

Objet : demande de congé pour créer (ou reprendre) une entreprise

Je vous informe, par la présente, que j’envisage de créer ma propre entreprise au cours de l’année (préciser n). Son activité portera sur (préciser). Pour ce faire, il me faut disposer d’un temps que mon emploi, au sein de (préciser le nom de votre entreprise actuelle), ne me permets pas de libérer.

Hypothèse 1 : vous souhaitez bénéficier d’un congé

C’est pourquoi, en vertu de l’article L. 3142-81 du Code du travail, je souhaite bénéficier d’un congé pour création (ou reprise) d’entreprise à partir du (préciser une date ultérieure d’au moins 2 mois à celle de votre courrier) et pour une durée de (préciser. Un an maximum).

Par ailleurs, et conformément aux clauses de mon contrat de travail (préciser le cas échéant), je m’engage à respecter mes obligations de loyauté et de non-concurrence à l’égard de (nom de l’entreprise).

Hypothèse 2 : vous souhaitez bénéficier d’un temps partiel

C’est pourquoi, en vertu de l’article L. 3142-81 du Code du travail, je souhaite bénéficier d’un temps partiel pour création (ou reprise) d’entreprise à partir du (préciser une date ultérieure d’au moins 2 mois à celle de votre courrier) et pour une durée de (préciser. Un an maximum).

Je propose d’effectuer désormais (x heures) de travail hebdomadaire (ou exprimer en proportion : ½, 1/3, ¼, 1/5… de temps).

Par ailleurs, et conformément aux clauses de mon contrat de travail (préciser le cas échéant), je m’engage à respecter mes obligations de loyauté et de non-concurrence à l’égard de (nom de l’entreprise).

Etape 3 – 5 conseils pour réussir votre congé pour création d’entreprise

1- congé pour création d’entreprise : valider vos compétences

Il est essentiel de rencontrer de nombreux professionnels avant de se lancer: ce qui permet de vérifier que la représentation de l’activité est réaliste : être curieux et critique sont des qualités de l’entrepreneur !

Profitez d’une période de congés payés ou de RTT pour atteindre une immersion totale aux côtés d’un professionnel dans le domaine proposé est une excellente idée: bien sûr, il peut être nécessaire de s’éloigner de sa résidence parce que de futurs concurrents ne peuvent pas accueillir les bras ouverts un prochains challenger local. Chercher un professionnel peut nécessiter une recherche intense : ce pourrait être une relation proche, amis ou famille … Pour organiser légalement ce stage non rémunéré d’une 1 à 2 semaines, vous pouvez signer un accord de formation appelé EMT (évaluation en milieu de travail), c’est la formule idéale. En effet, ce dispositif, proposé par Pôle Emploi, permet de compenser la société de quelques centaines d’euros, et vous pourrez bénéficier ainsi d’une retour critique d’un professionnel sur votre capacité à travailler dans le secteur. Le détail de ce dispositif pour tester son idée est ici.

Pour d’autres personnes, une véritable évaluation du projet sera plus appropriée que ce stage d’immersion rapide. Je recommande cette formation qui aide à trouver ou améliorer son idée d’entreprise.

2 – congé pour création d’entreprise :s’inscrire comme demandeur d’emploi auprès de Pôle Emploi – Catégorie 5 – dès que possible ( avant même d’être au chômage !!! c’est possible)

En effet, l’enregistrement est possible aussi longtemps que vous n’êtes pas satisfait de votre emploi actuel ou si vous avez un projet d’entreprise. Cela permet de bénéficier d’une aide pour la création de la société (comme l’ACCRE qui est une exonération de cotisations sociales pour au moins 12 mois) dès passés six mois d’inscription, alors même que vous ne bénéficiez pas d’allocation. C’est aussi la condition sine qua non pour signer un EMT ( évaluation en milieu de travail, autrement dit stage d’immersion) et peut vous donner accès à des formations…. Cela peut prendre un peu d’énergie pour obtenir cette inscription, mais ce ne est rien en comparaison du démarrage d’une entreprise, alors accrochez-vous !

Quelles sont les différentes catégories de demandeurs d’emploi?

La classification des demandeurs d’emploi est faite en fonction de leur disponibilité pour permettreà Pôle Emploi d’ajuster en conséquence les offres d’emploi proposées. Il y a deux nomenclatures utilisée (en chiffre ou en lettre)

Dans la pratique :

  • Catégorie 1 sans emploi, immédiatement disponible, nécessaire pour effectuer des actions positives de  recherche d’un emploi permanent à temps plein
  • Catégorie 2 Chômeur, immédiatement disponible, nécessaire pour effectuer des actions positives de  recherche d’un emploi permanent à temps plein ou la recherche d’un emploi à temps partiel
  • Catégorie 3 Chômeur immédiatement disponible, nécessaire pour accomplir des actions positives de  recherche d’un emploi, la recherche d’un emploi fixe, de durée temporaires ou saisonnière, y compris de très courte durée
  • Catégorie 4 chômeur pas immédiatement disponible, la recherche d’un emploi
  • Catégorie 5 personne ayant un emploi, à la recherche d’un autre emploi

En  lettres :

– Catégorie A: demandeurs d’emploi qui doivent faire une recherche positive de l’emploi, les chômeurs; (Correspond 1,2, 3)
– Catégorie B: demandeurs d’emploi qui doivent faire une recherche positive de l’emploi, après avoir servi une activité réduite courte (ce est à dire 78 heures ou moins au cours du mois); (Correspond 1,2, 3)
– Catégorie C: demandeurs d’emploi qui doivent faire une recherche positive de l’emploi, après avoir servi une activité longtemps réduite (soit plus de 78 heures au cours du mois); (Correspondant 6,7,8)
– Catégorie D: demandeurs d’emploi non tenus à la recherche d’emploi  (en raison d’un stage, formation, maladie …), y compris les demandeurs d’emploi convention de reclassement personnalisé (CRP), contrat de transition professionnelle (CTP), contrat de sécurité chômeurs et professionnelle (CSP) ; (4 matchs)
– Catégorie E:  demandeurs d’emploi non assujettis à faire des actes positifs de recherche d’emploi,  (par exemple, les bénéficiaires de contrats aidés).

En résumé, vous recherchez une inscription dans la classe E ou 5.

 

3 – congé pour création d’entreprise : vérifiez le potentiel de l’idée et stimuler sa créativité pour enrichir le projet

Un projet qui réussit doit avoir un potentiel de marché suffisant. Pour que le montant des ventes atteigne l’objectif, il faut une idée claire et une clientèle cible éprouvées et une stratégie commerciale adaptée à ces deux points: cela est appelé la définition du marketing mix.

Malheureusement, c’est le contraire pour de nombreux projets d’entrepreneurs. Avant de quitter un emploi ou réduire son temps de travail,  mener une étude de marché préliminaire est essentiel (et on ne parle pas de faire quelques recherches  et de copier les résultats dans un document texte …) Les clés pour débuter une étude de marché solide sont ici.

Notez que plus vous vous mettez dans la peau d’un entrepreneur par un soutien adapté et plus votre «glissement» du salariat à l’entrepreneuriat sera grandissant, vos nouvelles compétences seront ancrées, et il sera plus naturel d’adopter certains réflexes indispensables à votre succès.

4  – congé pour création d’entreprise : ne pas sous-estimer la quantité d’argent nécessaire pour démarrer

Un projet d’entreprise nécessite plus ou moins de temps pour permettre un rémunération significative à son dirigeant; en effet, les investissements nécessaires au démarrage sont nombreux. Une première estimation de leur chiffrage est essentiel;  la réalisation des prévisionnels est également nécessaire dans le cadre d’une formation pour créer une entreprise .

5 – congé pour création d’entreprise : envisager l’arrêt classique de votre emploi à la fin de la période

À la fin de la période de congé pour création d’entreprise, si les indicateurs sont encourageants et si le développeur du projet a confirmé son désir d’indépendance à temps plein, il faut négocier le départ de l’entreprise. A ce moment, une rupture conventionnelle présente certains avantages, comme notamment la possibilité de demander une indemnisation supplémentaire de Pôle Emploi au cours des 24 prochains mois ( ou 36 si vous avez plus de 50 ans):  c’est un SACRE COUP DE POUCE ! il peut être essentiel à la réussite. 🙂

 

Voici le meilleur processus quand on est salarié et qu’on veut entreprendre : 


1- Inscription à pôle emploi dans ce qu’on appelait la catégorie 5 comme expliqué juste avant dès que possible.
2- Formation complète avec accompagnement pour monter un projet solide ( voir ici la formation Entreprendre en Sécurité et voir ici si c’est le bon choix pour vous : auto-diagnostic vidéo en 2 min et différence avec les autres formations à l’entrepreneuriat)
3- Quand on est sûr du projet (50% de la formation réalisée disons en moyenne), dépôt de la demande de congé création d’entreprise
4- Ouverture de l’entreprise avec demande ACCRE  ( sous réserve qu’il se soit écoulé 6 mois depuis le point 1 : cette exonération de charges sociales représente une sacré économie !! 8,5% de cotisations sociales pour le gérant seulement sur le premier exercice au lieu de 45% minimum. Sur une simulation de revenu de 20 000 euros par exemple, cela fait une économie de plus de 7000 euros qui auraient sinon été prélevé entre l’année 1 et 3.
5- Dans ce cas là on ne peut pas bénéficier de l’ARCE sous forme de maintien ou versement en capital car vous êtes demandeur d’emploi non indemnisable. En revanche si l’étude menée dans l’étape 2 permet de voir les choses autrement, on peut procéder à un départ ( voir ici) … Et si on ne le fait mais qu’on reste en congé pour création d’entreprise, alors le jour où on partira effectivement, si on a bien choisi les bons statuts ensemble lors de la formation, vous aurez encore 15 mois d’indemnisation chômage en plus à ce moment là. (ou 36 mois pour les plus de 50 ans)

Donc en récapitulatif avec ce processus : 

  1. on ne démarre que si le projet est solide
  2. on a jusqu’à 24 mois de congé création avec un minimum de charges sociales sur les 12 premiers mois au minimum (8,5% au lieu de 45 à 70% de la rémunération selon le statut social. Je ne vous mets pas les équivalences pour le statut de micro-entrepreneur mais c’est pareil gros allègement)
  3. puis encore 15 à 36 mois d’indemnisation chômage. 
  4. Cela fait plus de 10 ans que j’utilise ce processus sans problème. 

 

Etape 3 – FAQ  congé pour création d’entreprise

Sous la direction de Maître Laurence Cier – entretien de l’APCE (http://www.operavocats.com)

CV: Laurence Cier est avocat au Barreau de Paris. Ancien conseil juridique, elle se est spécialisée en droit des sociétés et plus particulièrement en droit du travail.

Quelles sont les solutions qui permettent à un employé de faire une «pause professionnelle » pour créer ou reprendre une entreprise?

Deux dispositifs sont prévus par le code du travail pour répondre à ce besoin: le congé pour création d’entreprise (à temps plein ou à temps partiel) et le congé sabbatique. Ils permettent tout deux aux employés qui souhaitent se lancer dans un projet de création ou de reprise d’être absent pendant plusieurs mois d’activité pour prendre le temps de préparer le projet dans de bonnes conditions, tout en ayant l’assurance en cas d’abandon ou l’échec du projet de retrouver leur emploi ou un emploi similaire en termes de rémunération et les responsabilités.

Lequel de ces deux solutions est la plus appropriée pour les créateurs et les repreneurs ?

Le congé création, comme son nom l’indique, a été spécialement conçu pour les nouveaux projets. Les conditions de celui-ci sont très flexibles: pour le demander, vous avez seulement besoin d’une ancienneté de 24 mois dans l’entreprise, consécutifs ou non, et de ne pas avoir l’avoir déjà exercé au cours des 3 dernières années. Sa durée est déterminée par l’employé en fonction de ses besoins et pour un an, renouvelable une fois. En outre, en cas d’option pour le temps partiel, le salarié conserve une partie de sa rémunération, ce qui représente pour lui un avantage significatif.

L’employé est-il tenu de divulguer son idée à son employeur?

Il n’est pas tenu de divulguer précisément l’idée, mais il doit indiquer la nature de l’activité de la société qu’il a l’intention de créer ou reprendre. C’est une obligation légale de laquelle il ne peut pas s’écarter. S’il ne veut pas révéler l’activité, il peut demander un congé sabbatique, pour lequel aucune raison spécifique n’est à invoquer.

Qui peut demander un congé sabbatique?

Tout employé qui a travaillé au moins 36 mois, consécutifs ou non, dans l’entreprise, et n’en n’a pas déjà bénéficié dans les six années précédentes, pour une durée de 6 mois étude au moins. Ce type de congé peut faciliter la création ou l’acquisition d’une entreprise, mais sa durée est limitée à 11 mois.

Peut-on profiter du congé de maternité, de paternité ou un congé parental pour créer ou reprendre une entreprise?

Ce n’est pas vraiment l’objet! Cela dit, rien ne empêche une personne en congé de maternité à utiliser ce temps pour préparer un projet, dès qu’il respecte son obligation de loyauté et ne rivalise pas avec son employeur.
En ce qui concerne le congé parental, les textes interdisent l’exercice d’une activité professionnelle en dehors de celle de nourrice.

Vous mentionnez les notions de devoir de loyauté et de la non-concurrence. Pouvez-vous nous donner quelques détails à ce sujet?

Généralement, un employé est tenu à un devoir de loyauté envers son employeur, qui s’accompagne d’une obligation de loyauté, de non-concurrence, de discrétion et de réserve.
Il est donc interdit d’avoir une activité simultanée à celle de son employeur, soit pour son propre compte ou pour le compte d’un autre employeur. Ceci est valable pour la durée de son contrat de travail, y compris au cours d’une période de congé, quelle qu’en soit sa nature.

Mais si son contrat a pas de clause de non-concurrence?

Ne confondez pas « obligation de non-concurrence » et « clause de non-concurrence. » Cette dernière quand elle existe, répond à certaines conditions définies par la loi et la jurisprudence, et s’applique après la résiliation du contrat de travail.
En revanche, l’obligation de non-concurrence, pour sa part, est inhérente au contrat de travail. Elle s’applique pour la durée de ce dernier et ne donne lieu à aucune indemnité spéciale.

Quel risque prendrait un employé à créer une entreprise concurrente à celle de son employeur?

Cela pourrait être un motif de licenciement ou de faute grave sans préavis et privative de rémunération. En outre, en cas de dommage constaté à l’employeur, l’employé serait passible d’une action en dommages et intérêts.

Pouvez-vous définir ce qu’on entend par « créer ou acquérir une entreprise»? Y at-il des critères spécifiques définis par la loi?

L’article L 122-32-12 du Code du travail, tel que révisé par la loi du 1er Août 2003, ne donne plus d’indications sur ce point et ne fait plus référence à la notion de «contrôle effectif». Notez également que le dispositif a été récemment étendu aux employés qui ont des responsabilités de supervision sein d’une entreprise qui répond aux critères de «jeune entreprise innovante». Ceci suggère que les conditions ont été assouplies.
Cependant, en l’absence de jurisprudence, je conseille les créateurs ou les repreneurs, de répondre aux critères définis par le code du travail pour obtenir Accre (Aide aux acheteurs de création ou d’entreprise chômeurs), c’est-à-dire:
– De détenir plus de 50% du capital, seul ou avec votre famille au moins 35% dans un personnelle
– Ou d’exercer des fonctions de direction et de tenir au moins un tiers du capital (seul ou en famille avec au moins 25% du personnel).

La pratique d’une activité de portage considéré comme une création d’entreprise?

Le portage n’est pas, à mon avis, dans l’esprit du congé création d’entreprise. Le congé sabbatique sera, à nouveau, beaucoup plus adapté à une personne souhaitant fournir des services en utilisant cette formule.

Que se passe-il si, à la fin de son congé création  le salarié crée ou ne reprend pas de société?

Il est retourne normalement à sa fonction d’origine. La jurisprudence actuelle dit que l’abandon du projet ne viole pas le devoir de loyauté de l’employé, ni le but du congé (Cas 1 Décembre 2005 et le 9 mai 2006).

Dans un tel cas, il peut retourner dans la société avant la fin du congé?

Non, sauf accord de son employeur. Le droit à la réintégration est ouvert seulement à la fin du congé.

Peut-il prendre une activité de salarié dans une autre entreprise?

Oui, dès que son contrat ne l’empêche pas, et qu’il respecte son devoir de loyauté, de discrétion, de réserve et de non-concurrence à l’égard de son employeur initial.

Un employeur peut refuser l’autorisation de congé création ?

– Oui, si l’entreprise emploie moins de 200 salariés et s’il estime, après consultation du comité d’entreprise ou, à défaut, des représentants du personnel, que ce congé aura des conséquences préjudiciables à la production et au fonctionnement de la société. Il doit préciser le motif du refus et en informe l’employé.
– non, dans une entreprise de plus de 200 employés; toutefois, l’employeur peut retarder le départ sous certaines conditions

Quel recours pour un employé auquel cela a été refusé?

Un refus peut être contesté dans les 15 jours suivant sa notification, devant le tribunal et sans appel possible,  par procédure sommaire. Cette décision intervient habituellement rapidement: dans un délai de deux semaines à deux mois en moyenne, selon l’endroit.

Et si l’employeur ne répond pas à la demande de congé de l’employé?

Si aucune réponse n’est produite dans les 30 jours, son silence vaut acceptation du congé, comme indiqué par le salarié dans sa demande .

Vous devez savoir également que  l’employeur, indépendamment de la taille de l’entreprise, a la possibilité de reporter le congé, ou de proposer un temps partiel ou sur une base discrétionnaire dans une limite six mois, ou de limiter le nombre d’absences simultanées dans l’entreprise.

En ce qui concerne le congé à temps partiel , qui définit l’ampleur de la réduction du temps de travail: l’employé ou l’employeur?

Les textes ne prévoient pas d’éclaircissements sur ce point. Lorsque employé et l’employeur parviennent à un accord, un amendement au contrat de travail est signé indiquant: la durée de la période de travail à temps partiel, l’horaire de travail et des dispositions impératives de contrat de travail à temps partiel.

Comment se passe la réintégration du salarié à la fin d’un congé création d’entreprise ou à temps partiel?

À la fin d’un congé création, s’il ne veut pas démissionner pour se consacrer entièrement à son entreprise, le salarié retrouve son emploi précédent ou un emploi similaire en termes de rémunération. Il peut bénéficier, si nécessaire, d’une réadaptation professionnelle.
S’il a opté pour le temps partiel, le salarié retrouve une activité à temps plein.

À votre avis, pourquoi ce dispositif n’est-il pas beaucoup utilisé par les salariés créateurs ou repreneurs d’entreprises?

Nous n’avons pas de statistiques à ce sujet, mais il semble en effet que le système est encore peu connu  et donc peu utilisé.
Mais à mon avis, le principal obstacle à son développement est l’obligation de non-concurrence à laquelle reste soumis l’employé. Un projet de création ou de reprise est généralement né de l’expertise, des connaissances techniques, d’un réseau de relations acquises avec l’employeur précédent. Peu de gens se lance dans un tout autre domaine.
Cela dit, l’absence de litiges laisse penser que la plupart des employés qui utilisent ce système, le font pour construire et gérer efficacement et positivement leur projet.

Actuellement, un professeur de l’école primaire, je veux convertir mes deux années en créant une entreprise. Puis-je prendre un  congé (ou à temps partiel)?

Ce système se applique uniquement aux employés soumis au code du travail. Néanmoins, il ya un dispositif assez proche pour les fonctionnaires. Vérifiez auprès de votre hiérarchie.

Mon contrat de travail contient une clause d’exclusivité. Puis-je tout de même demander l’autorisation de démarrer une entreprise?

Oui, cette clause ne peut être invoquée contre vous par votre employeur pendant la durée de votre congé (article 15 de la loi pour l’initiative économique du 1er Août, 2003). Mais bien sûr, vous resterez lié par un devoir de loyauté et donc de non-concurrence.

Actuellement en congé sabbatique, mon employeur refuse de me laisser poursuivre par la création, au motif que ce est illégal. Je ai lu ailleurs sur le site de l’APCE. Que faire ?

Ce n’est en effet pas possible puisque pas exclu par le texte . L’employeur demeure néanmoins libre de reporter (ou de refuser en conformité avec le Code du travail si l’entreprise a moins de 200 employés).

Quelle est la situation de l’employé en congé en termes de protection sociale?

L’employé  (qui n’a pas encore créé la société) continue d’être couvert par la sécurité sociale.
Par contre ses points de retraite ne sont pas comptés. Il doit:
– Soit prendre une assurance volontaire
– Ou acheter des points de retraite plus tard correspondant à l’année de congé.
Une fois que l’entreprise est créée, elle peut être, sous certaines conditions, exonérée de cotisations de sécurité sociale pour les 12 mois.

Mon mari va bientôt reprendre une entreprise. Puis-je demander un congé création en tant que conjoint collaborateur ?

Non, ce ne est pas prévu. Le congé est pour les titulaires d’un projet de création ou de reprise et pas pour le conjoint qui assiste. Mais peut-être que vous pourriez envisager de devenir associé?

Je vais demander la permission de créer mon entreprise. Quel est le délai de préavis que je dois suivre?

Vous devez informer votre employeur (LR avec AR ou par lettre remise en main propre) deux mois avant de quitter ou de création d’entreprise à temps partiel (au lieu de trois mois pour le congé sabbatique).

Au cours de mon projet en phase de préparation, je voudrais prendre un congé création d’entreprise à temps partiel et puis passer en création à 100% lorsque la société sera créée? Est-ce possible?

Non, vous avez à choisir entre le congé à temps plein ou à temps partiel. En cas de renouvellement, il prend la même forme que le congé initial (à temps plein ou à temps partiel), sauf accord de votre employeur.

Pouvons-nous demander l’autorisation de démarrer une entreprise à l’étranger?

En théorie oui, rien dans les textes interdisant cette possibilité.

Etape 4 : Conclusion et préparation de votre congé création d’entreprise

J’espère que cet article vous a plu ! La morale à retenir de cette histoire est « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point » . Merci La Fontaine ! Alors mettez toutes les chances de votre côté en préparant votre projet et votre congé création d’entreprise dès aujourd’hui.

Pour finir en beauté, je vous invite à 2 actions clés :

  1. partager l’article sur les réseaux sociaux (cela me ferait plaisir et pourrait servir à d’autres !)
  2. télécharger le ou les guides qui pourraient vous aider à bien préparer votre projet d’entreprise ( lien ci-dessous). Il s’agit de livres blancs et tutoriels vidéos. Tout est gratuit.

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