Quand on est entrepreneur, la prise de décision est un sujet crucial car on est amené à prendre un nombre de décisions incroyables !

Pour la plupart de ses décisions, l’entrepreneur est seul … et même s’il se fait aider pour trancher, il assumera seul les conséquences de ses propres décisions …

Alors comment mettre toutes les chances de son côté pour être certain que cette prise de décision est la bonne ?

Dans cet article, nous allons voir ensemble 2 points essentiels pour votre avenir personnel et entrepreneurial :

  • ce qui fait qu’on peut considérer qu’une décision est bonne
  • ce que vous devez éviter à tout prix pour minimiser la prise de risque

Préambule philo 😉 Si vous vous demandez “Qu’est-ce qu’une bonne décision ?”, relativisez un peu :

Une bonne décision c’est souvent juste une décision qui n’est pas mauvaise !!! Car le mieux est l’ennemi du bien. Il ne s’agit pas d’un proverbe mais d’une citation de Montesquieu. (Enfin ça j’ai un doute, car je trouve également qu’elle serait de Voltaire et puis ensuite des tas de gens contemporains l’ont utilisée…) Bref la phrase exacte est “Le mieux est le mortel ennemi du bien”.

Cela signifie que la recherche de la perfection est un vice majeur nuisible au but que l’on poursuit. La recherche du mieux n’est donc pas un parachèvement de la recherche du bien, mais un piège fatal où toute entreprise bénéfique peut s’enliser, sombrer, virer à l’échec.

Bref il faut donc éviter le piège de la perfection car à vouloir trop bien faire, on risque de ne rien faire. Ceci étant rappelé, je vous invite à compléter cette réflexion avec ces articles là si vous vous sentez titillé par le dit sujet :

Un problème majeur de la prise de la décision : le biais cognitif.

“Les biais cognitifs sont des mécanismes de la pensée qui sont censés nous faire gagner un temps précieux dans nos prises de décision. Mais dans le monde professionnel actuel, ces raccourcis inconscients peuvent nous amener à prendre de mauvaises décisions : nous ne sommes plus dans la brousse face à une bête féroce. Il faut adapter nos comportements !

Les biais qui faussent notre perception des informations au moment de la prise de décision. En voici trois parmi les plus fréquemment observés :

  • Le biais de confirmation, qui nous pousse à vérifier nos croyances. Que celles-ci soient justes ou erronées. Dès lors, nous prêtons attention à toute information susceptible de les valider – voire de les renforcer. A l’inverse, nous ignorons ou discréditons les informations qui les remettent en cause.
  • Le biais d’ancrage mental : de manière naturelle, nous prenons pour référence la première information dont nous avons eu connaissance à propos d’un sujet (personne, événement, produit, solution, etc.). Cela peut nous amener à négliger des informations ultérieures.
  • Le biais de négativité donne plus de poids aux expériences négatives qu’aux positives. Nous nous en souvenons beaucoup mieux et beaucoup plus longtemps. C’est ainsi qu’un seul incident qualité mal géré peut coûter à une entreprise un contrat de dix ans sans histoire.

Les biais qui faussent notre perception du risque au moment de la prise de décision

Prendre une décision comporte toujours une part de risque. C’est ce qui rend l’exercice si délicat. La peur de nous tromper peut bloquer notre processus de décision, même si nous avons exploré des solutions et repéré celle qui semble la plus appropriée à la situation. A l’inverse, nous pouvons sous-estimer certains risques et pénaliser le déploiement d’une solution. Car in fine, une décision n’existe que si elle est effectivement mise en œuvre.

  • Le biais de statu quo nous incite à préférer la situation actuelle à tout autre option. C’est la fameuse peur de l’inconnu, qui génère nos résistances au changement. Nous développons à cause de ce biais un esprit critique excessif envers tout nouvel élément qui pourrait remettre en cause notre équilibre familier, même si celui-ci est inconfortable. Il se reconnaît aisément aux « oui, mais… »  que nous opposons à toute tentative de trouver une solution aux problèmes actuels.
  • Le biais de l’aversion à la perte : la peur de perdre est plus forte que l’attirance de gagner. Ce biais nous empêche de nous défaire de ce qui ne fonctionne pas. Il explique notre entêtement à conserver une action boursière qui chute, une voiture qui tombe régulièrement en panne, un contrat ou une collaboration peu fructueux.
  • Le biais de faux consensus quant à lui, nous fait présupposer que les autres sont d’accord avec nous – sans que nous l’ayons vérifié. Nous pouvons ainsi prendre une décision qui impacte le collectif – mais ne sera jamais appliquée ! Ou alors, au prix d’un effort considérable pour faire adhérer au changement.” (1)

Je vous propose donc une méthode pour vous aider à valider votre prise de décision : appliquer le filtre des 7 questions que je vous ai préparé.

Question 1- Est-ce que cette décision me permet d’avancer ?

Une bonne décision vous rapproche toujours un peu plus de votre objectif final : réussir, être heureux, reconnu, vivre mieux… ou en tout état de cause, cette décision ne vous éloigne pas de l’atteinte de votre objectif.

Question 2- Est-ce que cette décision est conforme à mes valeurs ?

Une bonne décision ne doit pas provoquer de dissonance en vous, ne doit pas vous tirailler … Vous devez pouvoir assumer cette décision et les conséquences qu’elle engendre. Vous ne devriez pas avoir honte de cette décision.

Question 3 – Est-ce que cette décision est alignée avec mon ambition ?

C’est un problème classique de l’entrepreneur : on s’imagine réussir à tel niveau et on ne se donne pas les moyens… On mégote, on n’ose pas investir, on n’ose pas changer de cap …

Si vous visez la lune, il va falloir acheter une fusée et suivre un bon entraînement.

Si vous visez une reconversion, il va falloir vous donner les moyens de réussir. Est-ce que l’économie réalisée en ne réalisant pas cette dépense par exemple est-elle un bon pari vu l’enjeu que vous avez ? Plus vous risquez gros, plus vous devriez vous accorder d’aides et soutiens pour réussir.

Question 4- Est-ce que cette décision et ses conséquences vont me faire grandir ?

Une bonne décision est rarement confortable car dans la vie, il faut sortir de sa zone de confort pour grandir.  Si vous savez que vous allez changer en mieux une fois que cette décision sera prise, alors c’est bon signe.

Si vous ne voulez pas essayer car vous sentez que vous allez être mal à l’aise, c’est justement une bonne décision que d’essayer. Alors allez-y à votre rythme… mais dépassez-Vous !

Question 5- Est-ce que cette décision entraîne des conséquences réversibles ?

Si oui tant mieux : c’est idéal. En effet les décisions dont les conséquences sont irréversibles amènent plus de risques d’échec que les autres … car le monde bouge et vous devez rester le plus souple possible pour pouvoir réussir dans votre business.

Si par exemple vous devez choisir entre :

  • signer un engagement de dépense pour 72 mois à hauteur de 1000 euros par mois
  • ou un autre de 36 mois à 1200 euros,

j’ai tendance à vous recommander le second choix car dans 3 ans, vos besoins auront sûrement évolué !

Question 6 – Est-ce que cette décision permet de minimiser le coût d’une perte d’opportunité ?

En effet une bonne décision est une décision qui ne vous fait pas passer à côté  d’une opportunité … ou à défaut une bonne décision permet de minimiser le coût de cette perte d’opportunité. Si vous prenez cette décision dans 1 mois, est-ce que vous serez passé à côté d’un avantage important ?

Cela vaut-il le coup de perdre cet avantage alors que finalement dans un mois le contexte aura peu changé ?

Vous avez déjà toutes les cartes en main pour décider ?

Question 7 – Est-ce que j’aurai pris cette décision si je n’avais pas parlé avec … mon potentiel futur associé ? ma famille ?

Prendre une décision n’est pas toujours facile et il est tentant de parler avec des proches pour se décider … mais vos proches sont-ils pertinents pour vous conseiller ?

Avant de parler à des proches, vous devriez écouter votre corps qui vous parle : fermez les yeux, visualiser le choix 1 puis le 2, voyez comment ça se passe “à l’intérieur”. On a souvent la bonne réponse au fond de soi !

Regardez cette vidéo pour prendre un peu de recul sur les échanges avec les proches et voir si vous êtes susceptible de tomber dans le piège.

Personne ne connaît mieux que vous les critères de décision que vous vous êtes fixés. Un expert du sujet peut vous aider à lister ces critères mais ce sera à vous de décider au final : pas à vos proches et encore moins à un potentiel associé … vous savez qu’une seule mauvaise décision d’un associé peut vous ruiner ? De même, l’indécision qui résulte d’une conversation entre associé peut aussi tuer vos chances de réussite dans l’œuf.

Je dis souvent : “le mariage c’est résoudre à 2 des problèmes qu’on aurait pas eu tout seul”. Ici aussi cela s’applique car à plusieurs on a une plus forte probabilité d’être dans l’inertie : on attend le consensus sur tout… et ce faisant on mégote, on n’ose pas engager 2000 euros de dépense sur un projet qui va nous coûter plus de 50000 euros avant notre réunion … que tout le monde soit convaincu … alors qu’on sait très bien que c’est une bonne décision en soi !!

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En guise de conclusion, j’ai envie de vous rappeler qu’on avance plus vite avec des hauts et des bas que dans le confort de la pente douce …

Alors osez prendre LA bonne décision ! Osez sortir de vos habitudes !

Évidemment nous pouvons discuter ensemble sur ce sujet et vous pouvez partager en commentaire une décision dont vous êtes fier, une que vous regrettez … une sur laquelle vous êtes face à dilemme…

 

Source :

(1) https://www.efficaciteprofessionnelle.fr/2017/04/03/prise-de-decision-gare-aux-biais-cognitifs/

Antonella VILAND

Plus de 10 ans d'accompagnement des entrepreneurs, passionnée par l'apprentissage, l'entrepreneuriat, la santé, le numérique, le bien-être, le social et tout ce qui touche au commerce !

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1 commentaire

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  • Bonjour Antonella,

    Je trouve ton article intéressant car tu mets l’accent sur les blocages qui touchent les entrepreneurs et, j’ajouterai, les futurs entrepreneurs.
    Les biais d’ancrage mental et de confirmation m’ont particulièrement interpelé car, en effet notre entourage proche, souvent avec de bonnes intentions, orientent nos décisions et constituent souvent des blocages dont il est difficile de sortir.

    A titre personnel, cela fait plusieurs années que je ne consulte plus mon entourage, famille et maintenant amis, et je m’en porte mieux. Je fais confiance à mon intuition et aux connaissances acquises auprès de ceux qui ont une expérience positive de l’entrepreneuriat.

    Merci et bonne continuation!

Antonella VILAND

Plus de 10 ans d'accompagnement des entrepreneurs, passionnée par l'apprentissage, l'entrepreneuriat, la santé, le numérique, le bien-être, le social et tout ce qui touche au commerce !